4e anniversaire de l’insurrection populaire au Burkina : Que retenir des 30,31 octobre ?

Ces 30, et 31 octobre marquent le 4e anniversaire, de l’insurrection populaire de 2014. Voici 4ans qu’un soulèvement populaire venait à bout d’un régime solidement installé depuis 1987.
Après des débats contradictoires de plusieurs mois et des marches et contre marche, le président Blaise Compaoré quittait le pouvoir et du coup le pays le 31 octobre 2014. Dès lors une transition politico-militaire s’installa et réussira tant bien que mal à organiser des élections.

Après le soulèvement de 1966, contre le tout premier président Maurice Yaméogo, c’était la deuxième fois donc que cela arrivait sous nos cieux, mais cette foi-cis avec environs 30 personnes tués, des centaines de blessés et plusieurs milliards de pertes. « Quel gâchis !!!, Voici jusqu’où nos contradictions politiques peuvent nous amener » commente un sexagénaire visiblement dépassé par les évènements.
04 ans après, si sur le plan politique, un nouveau régime a pris ses marques depuis décembre 2015, des séquelles de l’insurrection populaire sont toujours visibles. Des blessés qui sont toujours en soin pour la plupart, des familles pas encore indemnisés et toujours pas un début de procès pour ce dossier.

De la transition au régime actuel, des déclarations ont été faites, et quelques actions réalisées de part et d’autre mais pas un solutionnement entier comme le souhaite les parents des victimes.

A l’origine de la contestation, il était question de s’opposer à la modification de l’article 37 de la constitution, mais par la suite, les évènements ont pris d’autres tournures. Tous les observateurs de la vie socio-politique disaient craindre l’effondrement du tissu social. La question du chômage des jeunes, de logement et même d’alimentation étaient devenus très récurrentes. A côté de ces difficultés émergeaient des maux tels que la corruption, la gabegie, et l’affairisme au détriment du bas peuple meurtris.

Des milliers de jeunes se sont donc joint à la masse ‘’contestataire’’ pour mettre fin à un régime auquel ils ne pouvaient plus rien attendre.
Le régime est tombé, son commandant en chef en premier, mais aujourd’hui, ces milliers de jeunes ‘’insurgés’’ sont toujours dans l’attente de mesures structurelles capables de faire changer définitivement les choses. La situation sécuritaire de plus en plus inquiétante a laissé place au doute et à la peur d’un avenir incertain pour de nombreux Burkinabè.

Le changement a certes eu lieu mais un changement sans passation de service comme certains l’ont souhaité. Un Changement brusque et violent. Est-ce de ce genre de changement que voulais les milliers de jeunes. Ce n’est pas le changement d’homme qui était souhaitable mais plutôt le changement de tout un système.
En tout état de cause il fallait un début de changement, et la jeunesse du Burkina Faso, l’a réussi.
Cependant elle doit continuer à travailler dur pour un changement générationnel gage d’un réel changement car cette génération d’hommes politiques a donné tout ce qu’elle pouvait. Il est plus que nécessaire d’assurer une relève sinon on fera encore des insurrections mais, si nous changeons juste les hommes en lieu et place des régimes nous allons encore tomber dans les même travers. Vivement que la maturité politique atteigne un niveau assez élevé et nous éviter des changements violentes aux conséquences incalculables.

Ibrahim DIANDA
Refletafrique.net

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