Etats-Unis : les Midterms 2018, des élections extrêmement polarisées

Ce mardi 6 novembre, plus de 250 millions d’électeurs américains sont appelés à voter dans le cadre des élections de mi mandats, les Midterms. Des élections qui pourraient permettre au parti démocrate de récupérer la majorité dans l’une des deux chambres du Congrès, le Sénat ou la Chambre des représentants, actuellement dominés par le parti républicain. Les électeurs vont également élire des gouverneurs ce mardi et choisir leurs élus locaux. L’édition 2018 de ces Midterms est particulièrement tendue.

Si les Midterms, ou élections de mi-mandat (celui du président américain), ne sont pas une élection présidentielle, ils restent une élection à l’échelle fédérale, doublée de scrutins locaux.

Largement controversé sur la scène internationale, adulé autant que critiqué à l’intérieur des frontières américaines, Donald Trump s’est personnellement impliqué dans la campagne en multipliant les réunions électorales, rapporte notre correspondante à Washington, Anne Corpet. Son nom ne sera donc pas sur les bulletins de vote, mais il sera dans toutes les têtes. Donald Trump a fait de ce scrutin un référendum autour de sa personne, et le présente tel quel. Quitte à gêner les républicains qui se présentent dans les quartiers péri-urbains, où la population qui a voté pour le président a pris ses distances avec l’hôte de la Maison Blanche.

Donald Trump a concentré ses meetings sur les zones rurales, là où il a enregistré les meilleurs scores en 2016. Ses talents de tribun y font des merveilles, il enflamme les passions, agite les peurs et pousse vers les urnes les électeurs blancs inquiets, en présentant le scrutin comme une question de vie de mort pour l’avenir de leur identité. Mais si cette stratégie peut fonctionner cette fois-ci, elle est vouée à l’échec à moyen terme. Les lois de la démographie sont implacables : les républicains ne pourront pas longtemps gagner les élections en ne misant que sur l’électorat blanc.

Deux tranchées face à face

Cette campagne électorale a été marquée par une très forte polarisation des débats politiques. Ce clivage se retrouve chez les électeurs.
Les démocrates fustigent les Républicains et en premier lieu leur chef, le président Dondald Trump, de tenir un discours plus que clivant. « Il faut qu’on arrive à se mobiliser suffisamment pour obtenir la victoire. Car nous sommes cette Amérique plus juste, plus bienveillante, plus humaine », disent en substance plusieurs démocrates interrogés par notre envoyée spéciale aux Etats-Unis, Stefanie Schüler.

Ce discours ne plait bien évidemment pas du tout au camp d’en face. « Mais pour qui ils se prennent ceux-là », nous disait ce week-end à Fort-Myers une retraitée qui vote républicain. « Pensent-ils être les gardiens de la morale politique de notre pays ? »

Ces petites phrases s’entendent surtout quand le micro est éteint et que les gens vous parlent spontanément et sans freins. Elles sont assez symptomatiques de ce gouffre qui traverse la société américaine en ce moment. Ces formules de « nous » et « eux », on les entend tout au long de la journée. Il y a véritablement deux camps qui se font face.

D’autres Américains s’inquiètent de cette évolution. Le constat suivant revient de manière quasi-systématique : « notre pays n’a pas été autant divisé depuis la guerre de Sécession ». « Et vous en concluez quoi ? » a-t-on demandé la semaine dernière lors d’un déjeuner. C’était dans un petit village en zone rural au Texas, où presque tout le monde vote républicain. L’un des éleveurs présents m’a répondu : « Et bien, les démocrates n’en qu’à venir. Ici nous sommes armés. C’est eux les militants anti-armes ». Et en parlant ainsi des démocrates, il ne plaisantait pas. Ça vous donne un peu une idée du ton qui règne à certains endroits aux Etats-Unis en ce moment.

Midterms : pour qui vote-on ?
Pour un non-initié, les élections de mi-mandat aux Etats-Unis se résument à choisir de nouveaux sénateurs et élus à la Chambre des représentants, autrement dit le renouvellement du Congrès américain. Mais ces élections surnommées les Midterms (mi-mandat) outre-Atlantique impliquent un renouvellement bien plus profond.

Si à la Chambre basse du Congrès, la fameuse Chambre des représentants, l’ensemble des 435 sièges sont remis en jeu, au Sénat, seulement un tiers des 100 sièges de sénateurs sont à renouveler. Ce qui suffirait tout de même aux démocrates pour retrouver une majorité. Voilà pour ce qui est du niveau fédéral de ces élections.
Au niveau local, 36 des 50 Etats américains vont choisir leur gouverneur. Les législatures locales sont également appelées à être renouvelées dans pratiquement l’ensemble des Etats du pays. En plus des élus locaux, les électeurs vont également devoir choisir leur maire, leur shérif ou encore les juges de leur Etat.

Enfin, certains Etats profitent de ce calendrier électoral pour organiser des référendums, comme c’est également le cas à l’occasion de l’élection présidentielle.
Si traditionnellement la participation à ces élections de mi-mandats est faible, avec près de 42% en 2014, cette année les experts s’attendent à une plus forte mobilisation, notamment dans les rangs des minorités et des jeunes, très remontés contre les politiques mises en place par l’administration Trump.

Avec RFI

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