La gouverneure de l’Alabama promulgue la loi anti-avortement la plus stricte des Etats-Unis

La gouverneure de l’Alabama, Etat conservateur du sud des Etats-Unis, a promulgué mercredi la loi anti-avortement la plus stricte du pays, un texte qui provoque une levée de boucliers dans l’opposition démocrate et de larges pans de la société américaine, a annoncé son cabinet.

La gouverneure Kay Ivey a ainsi ratifié un texte qui interdit la quasi-totalité des interruptions volontaires de grossesse, même en cas d’inceste ou de viol
Derrière la loi anti-avortement de l’Alabama, une guérilla juridique pour forcer la main de la Cour suprême

Cet Etat vient de voter une des lois les plus répressives en matière d’IVG, espérant à terme revenir sur l’arrêt qui garantit le libre choix des femmes.
L’attaque, désormais, est frontale. Après s’être longtemps concentrés sur les moyens de restreindre l’accès à l’avortement, les mouvements – principalement religieux – qui y sont opposés tentent désormais de remettre en cause ce droit garanti par la Cour suprême des Etats-Unis depuis un arrêt rendu en 1973 (Roe v. Wade). Ces organisations sont à l’origine d’un feu roulant de lois adoptées dans les Etats conservateurs. Toutes ont pour objectif d’ouvrir une guérilla juridique pour obliger la plus haute instance du pays, remodelée par les nominations de Donald Trump, à se prononcer.

La sénatrice républicaine de l’Alabama à l’origine de l’adoption, le 14 mai, de la loi la plus répressive jamais votée, n’en a pas fait mystère. Son texte proscrit toutes les interruptions volontaires de grossesse (IVG), même dans les cas d’inceste ou de viol, sauf si la vie de la mère est en jeu. « Mon objectif est de revenir sur Roe v. Wade, et que les décisions » en la matière « relèvent des Etats », a assuré Terri Collins.

La loi prévoit en outre une peine de 10 à 99 ans de prison pour les médecins pratiquant un avortement, soit une punition plus sévère que pour un viol. En « mettant fin à la vie d’un enfant non né, nous nous prenons pour Dieu », a assuré, pendant des débats particulièrement houleux, Clyde Chambliss, élu républicain d’un Etat qui compte par ailleurs le plus de condamnations à mort par habitant.

Source : LeMONDE

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