Lotissement zones non-loties : « Si Roch parle, ce soir même notre problème sera résolu » (Habibou Sanfo, manifestante)

Ils sont nombreux, pancartes à la main, les habitants des quartiers périphériques de Ouagadougou, appuyés par la coalition des associations pour la défense du droit aux logements, le mouvement burkinabè des droits de l’homme, la coalition contre la vie chère, section Ouaga et plusieurs autres associations de la société civile, à battre le pavé de la bourse du travail jusqu’au premier ministère pour exiger leur droit aux logements. Ils ont remis leur plateforme revendicative au secrétaire général du ministère de l’urbanisme et de l’habitat, Stanislas Goungounga, venu représenter le premier ministre Christophe Dabiré.

Christophe Dabiré, premier ministre du Burkina, a su introduire son discours devant les députés sur la situation de la nation, en relevant le contexte « d’ébullition nationale marquée par des attaques terroristes et la grogne sociale ». La grogne sociale, il y en a. Au moment même où il livrait son discours autour de 10 heures ce 16 mai 2019 à l’Assemblée nationale, une foule compacte aux propos violents était à la primature.

Ce sont les habitants des zones non-loties de Ouagadougou. Accompagnés de plusieurs associations de la société civile, les manifestants composés majoritairement des personnes âgées, exigent leur droit aux logements, en dénonçant l’accaparement de leurs terres par des sociétés immobilières. « Nous sommes dehors parce qu’il manque de logements. Les lotissements au Faso sont maintenant gérés par les sociétés immobilières au détriment de l’état qui le faisait pour les populations. On est sorti pour notre droit aux logements. Nous marchons aussi contre l’accaparement des terres par plus de 200 sociétés immobilières au Burkina », articule Adama Rabo, un habitant de la zone non-lotie de l’arrondissement 9.

Avant même que notre premier interlocuteur achève ses propos, une vieille femme se précipite au micro et commence à marteler : « Je suis Habibou Sanfo. Dites au président que c’est la population qu’il a délaissée qui l’a voté pour qu’il soit au pouvoir. Je suis sûre que si Roch parle, ce soir même notre problème de parcelle sera résolu. Il a toutes les solutions dans ses mains. Nous voulons qu’il nous réponde la semaine prochaine à la radio », conclut-elle d’une voix sèche.

Comme si chacun avait son Messie, Adjara Nikiéma, elle, s’adresse au premier ministre : « Nos parcelles ont été retirées et données à d’autres personnes. Nous voulons que le premier ministre nous aide à reprendre nos parcelles », s’est-elle voulu brève.

C’est une foule très hostile aux sociétés immobilières et à certains dignitaires du pouvoir. Sur les pancartes, l’on pouvait lire entre autres : « Des promoteurs immobiliers terroristes, on en veut plus » ; « Non au Liliblib de Bonanet et du gouvernement MPP » ; « Non au déguerpissement des populations des zones non-loties » ; « Ned la Zaka » ; « La population de Silmiougou dit non au déguerpissement sauvages » ; « En avant pour un audit sérieux dans les opérations de lotissements passés ». « Simon, nous voulons nos parcelles », scandaient d’autres.

Selon Pama Nébié, président de la coalition des associations pour la défense du droit au logement, la plateforme revendicative remise au premier ministre comporte les points comme l’apurement du lourd contentieux des lotissements passés, notamment ceux qui ont été commis sous l’égide du maire Simon Compaoré pendant 17 ans ; une demande des audites sérieux associant les structures de lutte pour la transparence dans les opérations de lotissements ; l’arrêt des actions des sociétés immobilières qui compromettent les chances des populations d’avoir accès aux logements décents, la règlementation et la réduction des prix des loyers, la baisse des prix du matériau de construction, etc.

C’est une marche meeting qui se tient dans une contradiction totale entre les propos du ministre Bonanet de l’urbanisme et de l’habitat, qui réaffirmait de façon ferme lors de sa dernière sortie médiatique, « qu’aucune autorisation de lotir n’a été délivrée à une société de promotion immobilière » et ceux de Nébié Pama, président de la coalition des associations pour la défense du droit au logement, qui affirme ceci : « Ce que le ministre dit et la réalité sur le terrain est différent. Si vous allez sur le terrain, vous constaterez qu’aucune société immobilière n’a cessé ses opérations, le ministre ne peut pas dire le contraire », s’est-il convaincu.

Refletafrique.net/SK

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