BURKINA FASO : La délicate question du transfert de Bassolé

L’actualité de cette semaine est servie par la reprise des activités au niveau de la justice. En effet, les avocats du barreau burkinabè étaient en mouvement de boycott des audiences pénales. À l’issue de leur Assemblée générale tenue le 10 juin 2019, ils ont décidé de mettre fin à leur mouvement d’humeur. La conséquence majeure de cette levée de bouclier, est la reprise du procès du putsch manqué du 16 septembre 2015, ouvert il y a déjà 16 mois, et qui était à sa phase de plaidoiries mais suspendu du fait de cette grève des avocats. Comme si le tribunal militaire attendait impatiemment cette levée de boycott des audiences pénales, il a programmé immédiatement la reprise du procès le lendemain 11 juin. Les plaidoiries ont effectivement commencé et la question de la présence effective du général au procès a été évoquée à l’audience du 12 juin 2019. Absent au procès, son absence a été illico presto remarquée par le parquet militaire. Sommé de comparaître, le conseil de Bassolé à travers Maître Dieudonné Bonkoungou soulignera que son état de santé ne lui permet pas de prendre part aux audiences.

Effectivement, l’état de santé du général Djibril Bassolé, s’est dégradé selon ses proches et un besoin de son transfert à l’international pour y bénéficier des soins adéquats avait été émis. Et face au silence des autorités, des voies se sont levées pour dénoncer cela. Une conférence de presse avait même été organisée à cet effet.

La question demeure toujours d’actualité, et l’on se demande si cette passivité des autorités n’est pas en violation du droit du prisonnier aux soins de santé. Si certainement, il est recommandé au Général des soins à l’international du fait du manque de plateau technique au Burkina, les autorités compétentes doivent prendre des mesures pour son évacuation. Mais en même temps, elles doivent traiter cette question avec délicatesse car, des accusés qui auront des soucis de santé après, pourraient souhaiter leurs transferts à l’international. Et au nom du principe d’égalité de tous les burkinabè, l’État s’il le fait pour les uns, serait tenu de le faire pour d’autres. Nous ne disons pas de pas transférer le Général, nous disons aux autorités compétentes de mieux étudier la question pour ne pas qu’il y ait par la suite des demandes de même nature en chaine, que l’on ne pourra plus gérer.

KS/refletafrique.net

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