Bam : des terroristes célèbrent le départ des populations des villages

Des dames, déplacées internes logées à Kongoussi, dont les époux ont contraint de repartir dans leurs villages pour chercher des provisions et du bétail, se sont retrouvées nez à nez avec des présumés terroristes. Réticentes au début par rapport à cette idée de repartir vers la ‘’mort’’ pour chercher de quoi s’alimenter, elles se sont finalement exécutées et ont fait l’aller-retour en sanglot. Elles ont affirmé avoir surpris des présumés terroristes en pleine cérémonie de réjouissance à l’école primaire d’un village de la province du Bam dans la matinée du samedi 4 octobre 2019.

Des terroristes avaient à un moment donné, changé de méthode de représailles envers les populations dans certaines localités du pays. Ils s’en prenaient uniquement aux hommes. Certains époux la nuit tombée, ne dormaient pas chez eux pour éviter la mort perpétrée par ces individus sans foi, ni loi.

C’est ce qui aurait peut-être, nourrit cette réflexion de certains époux en situation de déplacés internes à Kongoussi dans la province du Bam. Pour eux, la cible de ceux qui les attaquent, n’est pas la femme. Et ils n’ont peut-être pas eu tort, puisque leurs épouses qu’ils ont envoyées d’aller chercher les vivres et du bétail abandonnés dans leur fuite, sont revenues indemnes. C’est donc, tout heureux que ces hommes ont aperçu les braves dames qui ont osé braver le danger, revenir les charrettes pleines de provisions et les quelques animaux qu’elles ont pu sauver.

Des terroristes en jouissance dans les villages abandonnés par les populations

La province du Bam connait de récurrentes attaques terroristes depuis ce début du mois d’octobre 2019. Plusieurs dizaines de villages se sont vidés de leurs habitants dont la majeure partie s’est installée à Kongoussi, chef-lieu de ladite province. Ces villages désertés par les populations deviennent le plus souvent des bases terroristes qui fleurissent, grâce ou à cause du bétail et des céréales abandonnés par les villageois dans leur fuite.

Ils étaient environs une dizaine d’individus armés selon les témoins, qui décrivent une scène aux allures de barbecue ou plutôt d’un pique-nique de présumés terroristes. Pendant que les uns s’occupaient à cuir un animal qui ressemble à un mouton, d’autres, exécutaient des pas de danses au son d’une musique électro. « Cela ressemblait fort bien à un grand festin entre terroristes », s’est exclamée une déplacée qui était sur les lieux.

« Quand ils nous ont aperçus, nous nous sommes prises de peur et de panique. Moi, je ne sentais même plus mes jambes en ce moment. Alors, je n’ai pas pu fuir et j’ai fondu en sanglot. Certaines femmes ont réussi néanmoins à prendre la fuite mais, moi je ne pouvais pas, j’étais abattue. Ils nous ont interrogées sur le motif de notre présence dans le village et nous le leur avons dit. Ils tenaient des armes les canons pointés sur nous et n’arrêtaient pas de regarder dans les environs tout en nous posant des tas de questions. Ensuite, ils nous ont menacés de mort et l’un d’entre eux, a dit que nous ne sommes que des femmes affamées. Ils ont éclaté de rires et ont retourné à leur méchoui visiblement prêt à la consommation », raconte un témoin sous les railleries de ses camarades qui disent l’avoir vue trembler dans le village ; et n’a eu la langue déliée qu’une fois en ville. Ces témoins ont assuré que ces individus n’étaient pas masqués mais, aucun des visages ne leur était familier.

Population du Bam, réussite de collaboration avec les FDS

Selon les indiscrétions et la presse locale, la population du Bam est un bel exemple de collaboration avec les forces de défense et de sécurité (FDS) et par-dessus tout, les premiers à prôner la résistance au point que l’on est tenté de conclure qu’à ce niveau, c’est un acquis.
Si ce phénomène de déplacement massif de populations suite au terrorisme, n’est pas très vite pris en charge, il pourrait être dangereux. Car, non seulement, il appauvrit et vulnérabilise les villageois mais aussi, ceux-ci pourraient par la suite, devenir des bases terroristes. Les villages abandonnés peuvent également comme on le constate déjà tristement, devenir des bases sécurisés pour les terroristes, si les patrouillent ne sont pas effectuées convenablement dans lesdits villages en attendant le retour des habitants.

Aussi, les biens abandonnés par les villageois peuvent constituer des provisions suffisantes pour permettre aux terroristes de vivre cachés et perpétrer des attaques. Ce qui rend nécessaire, une opération de fouille minutieuse des villages pour débusquer l’ennemi. Pour contrer la progression de ce phénomène, on ne cessera de le répéter, il faut une résistance populaire avec un contenu bien défini pour avoir les bons renseignements afin de prendre l’ennemi en chasse.

Il est bien d’inviter les gens à la résistance mais, encore faut-il que cette résistance puisse avoir un contenu encadré par des normes en conformité avec les dispositions constitutionnelles. Sans cela, c’est mener les populations à l’abattoir que de leur demander de résister sans leur dire comment résister les mains nues face à des hommes armés jusqu’aux dents.

Au cours du dialogue politique initié par le président Kaboré en avril dernier, il avait été décidé de mettre en place un comité de réflexion par rapport à la situation sécuritaire. Espérons vivement que ce comité rende son rapport et ses recommandations en prenant compte du contenu de la résistance le plus tôt, afin que le phénomène du terrorisme connaisse un ralentissement, voire un anéantissement.

La rédaction

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