Santé : De l’urgence de s’occuper de la santé mentale

La santé mentale devient l’un des défis majeurs de santé publique en Afrique et les autorités doivent s’y attaquer de toute urgence.

Toutefois, après avoir assisté au Congrès de l’Association Mondiale de Psychiatrie, en Afrique du Sud le mois dernier (18-22 novembre), je me suis rendu compte que la question ne reçoit pas l’attention qu’elle mérite.

En effet, il incombe à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) de soutenir les efforts visant à relever les défis en matière de santé mentale en Afrique. Je partage l’avis selon lequel l’OMS devrait soutenir l’Union africaine (UA) dans son souhait de voir la Banque mondiale passer d’une politique de prêts à une politique de subventions pour financer des projets de santé à l’échelle mondiale.

« Il incombe à l’OMS de soutenir les efforts visant à relever les défis en matière de santé mentale en Afrique ».

Munyaradzi Makoni

Et je partage l’avis de la présidente de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, lorsqu’elle affirmait, lors de l’ouverture du congrès : "La Banque mondiale ne devrait pas accorder de prêts pour la santé. Elle devrait subventionner la santé."

Ceci relève du bon sens : les médecins recevraient plus de fonds pour leur travail et les patients obtiendraient de meilleurs soins.

Les commentaires de Nkosazana Dlamini-Zuma ont fait suite à une déclaration de Shekhar Saxena, directeur de la santé mentale et de la toxicomanie à l’OMS, sur l’engagement de la Banque mondiale à soutenir davantage la santé mentale, après une rencontre en avril dernier.

Shekhar Saxena a déclaré que tout pays qui solliciterait des prêts de la Banque mondiale pour des projets de santé devrait inclure dans ses projets une composante de santé mentale.

Selon Nkosazana Dlamini-Zuma, 40,5% des pays n’ont pas de politique de santé mentale, en dépit des estimations selon lesquelles une personne sur quatre souffrirait d’un problème de santé mentale.

Selon l’OMS, en moyenne, il y a neuf psychiatres pour 100.000 personnes en Occident, mais seulement 0,05 pour 100.000 personnes en Afrique, selon le rapport de l’OMS.

"Nous avons besoin d’un mouvement panafricain pour s’assurer qu’il n’y a pas de discrimination envers les patients atteints de santé mentale et nous devons élaborer des programmes et des politiques appropriés en matière de santé mentale", a déclaré Dlamini-Zuma.

L’Afrique devrait mettre à jour ses politiques existantes en matière de santé mentale, ainsi que les interventions communautaires et les formaliser au niveau de l’UA, a ajouté la présidente de la Commission de l’Union africaine, expliquant qu’à cause des ressources humaines insuffisantes, le continent devrait trouver d’autres moyens d’améliorer la santé mentale, sans compter exclusivement sur les psychiatres.

"En Afrique, nous ne pouvons pas compter sur les modèles occidentaux caractérisés par des ressources abondantes. Nous devons chercher des façons créatives d’utiliser ce que nous avons", a-t-elle déclaré.

Le congrès a mis en évidence l’enquête mondiale de l’Association Mondiale de Psychiatrie dans 193 pays, qui a révélé des résultats choquants.

Les personnes atteintes de maladie mentale sont ainsi autorisées à voter dans 11% seulement des pays ayant fait l’objet de l’enquête, mais elles ne jouissent pas de droits à l’emploi dans plus de la moitié des pays, tandis que 42% des pays sondés empêchent les personnes souffrant de maladies mentales de conclure tout contrat.

Dinesh Bhugra, président de l’Association mondiale de psychiatrie, a déclaré qu’une Charte des droits liés à la santé mentale avait été déposée à la Chambre des Lords à Londres, au Royaume-Uni, deux semaines avant le congrès et 61 organisations de par le monde l’ont signée.

"J’ai besoin du soutien de tous ici pour changer la façon dont nous traitons nos patients [de santé mentale], qui sont les plus vulnérables", a-t-il plaidé.

Et qui refuserait d’agir pour changer le cours des choses ?

HDAY

Source : SCIDEV

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