Violences : Avec la crise migratoire, la recrudescence des mouvements néo-nazis inquiète l’Allemagne

Le nombre d’individus attirés par les groupes d’extrême-droite est en forte hausse, selon les chiffres du ministère allemand de l’Intérieur. Ce dernier se dit préoccupé par la recrudescence d’actes violents à l’encontre des migrants.

Le site de Deutsche Welle rapporte qu’environ 600 néo-nazis font actuellement l’objet d’un mandat d’arrêt délivré par la justice allemande, dont plus de 400 ont été délivrés durant la seule année 2016. Annoncé en décembre 2016 par le ministre de l’Intérieur, Thomas de Maizière, ce chiffre témoigne d’une « tendance préoccupante » selon ses propres mots.

Près d’une centaine de ces mandats d’arrêts sont directement liés à des actes de nature politique. Selon le dernier rapport du ministère de l’Intérieur allemand, paru fin 2016 et cité par Deutsche Welle, cela confirmerait la « recrudescence importante de la violence d’extrême-droite », dans un contexte marqué par « l’accroissement de l’agitation anti-migrants ».

Selon ce même rapport, les tensions récentes autour de la politique migratoire d’Angela Merkel auraient « créé une caisse de résonance pour différents arguments idéologiques épars qui ont ainsi pu entrer en relation et gagner en connectivité ». Autrement dit, des individus isolés auraient pu entrer en relation les uns avec les autres, fédérés par une hostilité commune à l’arrivée de migrants sur le territoire allemand. Le rapport établit en outre un lien entre ce phénomène et les violences à l’encontre des migrants qui ont été multipliées par cinq entre 2014 et 2015 en Allemagne.

Des discours qui trouvent une « caisse de résonance »
Après une décennie d’essoufflement amorcée à la fin des années 1990, les milieux néo-nazis seraient redevenus attractifs, recrutant de nouveaux partisans ces dernières années. Si le rapport avance le chiffre de 23 000 membres, il souligne la difficulté de procéder à une évaluation concrète et précise, car les groupuscules sont mouvants et parfois difficilement identifiables.

« Lorsqu’un groupe néo-nazi entre en clandestinité et disparaît des écrans radars, cela encourage la radicalisation et le passage à l’acte », note Matthias Quent, chercheur à l’université d’Iéna interrogé par Deutsche Welle. Une évolution que redoutent les autorités allemandes.

Avec l’ampleur prise par la crise des migrants, le phénomène de radicalisation néo-nazi serait donc en passe de redevenir un problème de taille pour l’Allemagne. Matthias Quent estime que les autorités portent leur part de responsabilité : « Si les citoyens continuent à avoir l’impression que l’Etat ne parvient pas à protéger ses frontières et son peuple du terrorisme, ils trouveront de plus en plus légitime de fonder leur propre organisation, de recourir à la violence et de s’armer ».

Depuis l’attentat de Berlin de décembre 2016, les critiques se sont multipliées à l’égard de la politique migratoire conduite par Angela Merkel, dont la cote de popularité semble d’ailleurs en pâtir. Alors qu’elle semble avoir de plus en plus de mal à rassembler dans son propre camp, l’émergence d’une nouvelle forme de radicalité pourrait encore davantage fragiliser la chancelière qui briguera un quatrième mandat en 2017.

HDAY avec RT

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