1er Novembre : La fête de la Toussaint, ses origines et sa signification

Le 1er novembre de chaque année est un jour où des prières sont adressées à l’intention des morts. Fête célébrée par les catholiques, la Toussaint est une fête d’obligation. Dans plusieurs pays comme au Burkina Faso ou en France, ce jour est férié. Quelles sont donc ses origines et sa signification ? A découvrir dans les lignes qui suivent.

La célébration de la fête chrétienne de la Toussaint au 1er novembre est une spécificité catholique apparue en Occident au VIIIème siècle.

C’est peut-être à partir du VIIIème siècle qu’elle est fêtée le 1er novembre, lorsque le pape Grégoire III dédicace, en l’honneur de tous les saints, une chapelle de la basilique Saint-Pierre de Rome.

Vers 835-837, le pape Grégoire IV ordonne que cette fête soit célébrée dans le monde entier. Pour certains, c’est à l’occasion de cette décision, prise en 835, que la fête de la Toussaint est fixée au 1er novembre. Sur le conseil de Grégoire IV, l’empereur Louis le Pieux institua la fête de tous les saints sur tout le territoire de l’empire carolingien.

Philippe Walter établit un lien entre la fête des morts (lendemain de la Toussaint, le 2 novembre) et la fête celtique de Samain. Il se peut que ce soit parce qu’une fête en l’honneur de tous les saints était déjà célébrée en Angleterre ce jour-là de l’année. En effet, comme le souligne l’Encyclopédie de la religion, «  Samain resta une fête populaire chez les Celtes tout au long de la christianisation de la Grande-Bretagne. L’Église britannique essaya de détourner cet attrait pour les rites païens en ajoutant une fête chrétienne sur le calendrier à la même date que Samain. […] La commémoration britannique médiévale de la Toussaint aurait été à l’origine de l’adoption universelle de cette fête par l’Église chrétienne. »

Jean Markale met en évidence l’influence croissante des moines irlandais en Europe à cette époque. La Nouvelle encyclopédie catholique (angl.) note également ceci : « Les Irlandais réservaient le premier jour du mois aux grandes fêtes, et puisque le 1er novembre marquait de surcroît le début de l’hiver celte, c’était une date appropriée pour célébrer tous les saints. » Finalement, en 835, le pape Grégoire IV universalisa cette fête.

Contre cette hypothèse d’une origine irlandaise Ronald Hutton a souligné le fait qu’en Irlande on célébrait la fête de tous les saints le 20 avril. Il en a conclu que la vraie origine de la célébration de la fête du 1er novembre est germanique.
La célébration de Toussaint fut suivie localement d’un office des morts dès le IXème siècle. En 998, les moines de Cluny instituèrent une fête des trépassés le 2 novembre, qui entra dans la liturgie romaine comme commémoration des fidèles défunts au XIIIème siècle.

Le culte des morts resta cependant massivement célébré au 1er novembre.
En 1484, le pape Sixte IV accrut la solennité de la fête en la dotant d’une octave. En 1914, Pie XI en fit une fête d’obligation.

Cette fête ne se fonde pas sur des textes bibliques, ni sur la liturgie de Jérusalem1.
Elle est dédiée à tous les saints. Selon Mgr Robert Le Gall, « cette célébration groupe non seulement tous les saints canonisés, c’est-à-dire ceux dont l’Église assure, en engageant son autorité, qu’ils sont dans la Gloire de Dieu, mais aussi tous ceux qui, en fait et les plus nombreux, sont dans la béatitude divine ». Il s’agit donc de toutes les personnes, canonisées ou non, qui ont été sanctifiées par l’exercice de la charité, l’accueil de la miséricorde et le don de la grâce divine. Cette fête rappelle donc à tous les fidèles, la vocation universelle à la sainteté.

L’Évangile lu au cours de la messe de la Toussaint est le texte des Béatitudes. Ce texte exprime que la sainteté concerne tous ceux et celles qui choisissent de mettre leurs pas dans ceux du Christ, par l’accueil de la Parole de Dieu, la fidélité et la confiance en Lui, la bonté, la justice, l’amour, le pardon et la paix.

La Toussaint ne doit pas être confondue avec la Commémoration des fidèles défunts, fêtée le lendemain. Cette dernière est un héritage des lectures monastiques du « rouleau des défunts » : la mention des frères d’une abbaye, ou d’un ordre religieux, au jour anniversaire de leur décès. Elle a été inaugurée par Odilon, abbé de Cluny au XIème siècle.

Cependant, du fait qu’en France, le 1er novembre, jour de la Toussaint, est un jour férié, l’usage est établi de commémorer les morts ce jour au lieu du 2 novembre, comme le témoigne la tradition multiséculaire de chandelles et bougies allumées dans les cimetières et, depuis le XIXème siècle le fleurissement, avec des chrysanthèmes, des tombes à la Toussaint (évènement particulièrement bien représenté dans le tableau La Toussaint du peintre Émile Friant) ; ces deux gestes symbolisant la vie heureuse après la mort.

Rassemblés par Honoré Yoda
Refletafrique.net

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