Burkina : lutte contre le mariage des enfants, les femmes s’engagent

Réunies ce vendredi 19 janvier 2017 à Ouagadougou, les femmes des 45 provinces du Burkina apportent leur contribution dans la lutte contre le phénomène de « mariage d’enfants ». C’est autour du thème, «  lutte contre le mariage d’enfants au Burkina Faso : un défi commun pour la protection des droits de la fille et la promotion socio-économique des femmes », que cette réflexion présidée par la première dame, Sika Kaboré a été menée.

Ce sont plus de 700 femmes des 45 provinces du Burkina qui ont pris part à ce panel qui a pour but, le partage d’expériences afin de trouver des solutions pour faire face à la problématique et aux enjeux du mariage d’enfants.En effet ce partage d’expériences veut susciter l’engagement des femmes dans la promotion de l’abandon de ce phénomène.

Au Burkina, la situation présente un taux de prévalence du mariage d’enfant estimé à 52%, une femme sur dix mariées ou en union avant quinze ans et une sur deux avant 18 ans. Selon le rapport de l’étude pays SIGI, publié en 2018, plus de 44% des femmes ont été mariées avant 18 ans contre 3% des hommes. Les 2 /3 des personnes mariées avant l’âge adulte sont des femmes.
Plusieurs causes justifient ce phénomène. Ce sont entre autres la pertinence des normes et valeurs sociales contraires aux droits de la fille, lapauvreté des ménages et l’existence d’un vide juridique pour ce qui concerne le mariage coutumier et religieux.
Face à cette situation, l’Etat burkinabè a initié des actions d’offensive, avec l’implication des organisations de la société civile et l’appui des partenaires techniques et financiers. Il a aussi entamé depuis mars 2015, la campagne de l’Union africaine pour mettre fin au mariage des enfants. En outre, le pays a adopté en novembre 2015, la stratégie nationale de prévention et d’élimination des mariages d’enfants (2016-2025) assortie d’un plan d’action opérationnel triennal (2016-2018).

C’est dans cette même logique que se situe ce panel. Il veut susciter l’engagement des participantes dans larecherche des solutions pour protéger les filles et leur assurer un meilleur avenir. Il est donc attendu d’elles des formulations de recommandations pour la promotion de l’abandon du mariage d’enfants au Burkina.
Pour le ministre de la femme, de la solidarité nationale et de la famille, Laure Zongo, « dans un contexte socio-économique défavorable, la situation de la femme et de la fille est ainsi aggravée par le phénomène de mariage d’enfants qui, en plus de violer les droits des filles, constitue un des principaux problèmes de développement pour nos pays. ». « Le mariage d’enfants, est une violation des droits fondamentaux des adolescents qui traduit les inégalités de genres profondément enracinées dans les systèmes sociaux et économiques des communautés où existe cette pratique  » a-t-elle ajouté.

Selon les responsables du ministère en charge de la femme, de la solidarité nationale et de la famille, la volonté politique est manifeste, mais les actions entreprises jusque-là au Burkina ne sont pas à la hauteur de l’ampleur du phénomène.
Ils affirment que les acteurs œuvrant dans le domaine sont peu nombreux. Par ailleurs, Ils encouragent les initiatives communautaires et les actions des organisations de la société civile et d’assurer une meilleure coordination des interventions.

Alice Suglimanie THIOMBIANO
Refletafrique.net

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