Afrique du Sud : Zuma s’accroche au pouvoir, son parti déterminé pour son départ


La liste des scandales autour de M. Zuma, au pouvoir depuis 2009, ne cesse de s’allonger. Des scandales qui ternissent l’image de son parti, le Congrès national africain (ANC), alors que les élections générales sont prévues en 2019. Pour redorer le blason du parti, la direction du parti exige le départ anticipé de Zuma. Mais ce dernier ne bronche pas.

L’Afrique du Sud était suspendue vendredi à l’issue de tractations au sommet pour obtenir le départ anticipé du président Jacob Zuma. Pour enrayer la chute de popularité du parti, son nouveau chef Cyril Ramaphosa élu en décembre, tente d’obtenir au plus vite le départ du chef de l’Etat.

Cependant, cette tâche est difficile en raison des divisions au sein de l’ANC et de la ténacité de Jacob Zuma. Réputé insubmersible, le président atoujours su habilement manœuvrer pour se maintenir au pouvoir malgré ses déboires judiciaires, ses piètres résultats économiques et un taux de chômage record de 27,7%.
Dimanche, les six plus hauts responsables de l’ANC - le Top Six - l’ont prié de démissionner. Il a refusé, déclenchant une crise qui a bouleversé le calendrier politique.

Pour tenter d’en sortir, M. Zuma et Ramaphosa ont entamé mardi des discussions directes et constructives sur la transition. Vendredi, les six figures de proue de l’ANC ont annulé tous leurs engagements publics prévus dans la journée, dans le cadre du centenaire de la naissance de la figure historique de l’ANC, Nelson Mandela.
Plus tôt cette semaine, le discours annuel du président devant le Parlement, temps fort de la vie politique sud-africaine, avait été reporté pour la première fois de l’histoire à une date ultérieure.
M. Zuma tente coûte que coûte de garantir son immunité, mais aussi celle de membres de sa famille impliqués dans plusieurs dossiers judiciaires.Il pourrait notamment être poursuivi pour avoir touché des pots-de-vin dans un vieux dossier de contrat d’armement.

Si M. Zuma démissionne, il sera remplacé par M. Ramaphosa, vice-président de l’Afrique du Sud en exercice, pour un intérim de 30 jours maximum, le temps pour le Parlement d’élire un nouveau chef de l’Etat.
L’ANC, au pouvoir depuis la fin officielle du régime d’apartheid en 1994, doit agir au plus vite. Le parti « se retrouve au pied du mur, il doit donc prendre une décision claire », a estimé M. Mathekga.
La présentation du budget est prévue pour le 21 février. Et le 22, le Parlement doit débattre d’une motion de défiance, la neuvième déposée contre Zuma depuis son arrivée au pouvoir. La dernière en août, avait échoué à 24 voix près.

Valentin Youmanli MANO
Refletafrique.net

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