Portrait : Cyril Ramaphosa, la récompense enfin !

Pendant longtemps, Cyril Ramaphosa a gravité autour du trône sud-africain. Depuis le 14 février, et suite à la démission forcée de l’ombrageux Jacob Zuma, il est désormais au perchoir. Chronique d’un retour de grâce savamment orchestré.

Né à la fin de l’année 1952, Matamela Cyril Ramaphosa est un enfant de South west Townships, ensemble de quartiers alors réservés aux gens de couleur plus connus par leur célèbre acronyme Soweto. Il a 20 ans quand il adhère à la South african students organization (SASO). Parallèlement, il suit des études de Droit. Mais depuis 1948, règne officiellement en Afrique du Sud un régime de terreur et de discrimination dont les non-Blancs et plus particulièrement les Noirs sont les victimes. Les Noirs étaient classés tous à basse échelle dans la conception du régime de l’apartheid bien après les Indiens et les Métis. Très tôt, Ramaphosa va vivre l’expérience de ce régime de discrimination. En 1974, il est jeté en prison pour avoir participé à des émeutes. Des émeutes, l’homme qui est par la suite devenu Secrétaire Général de la centrale syndicale NUM, va en connaitre plusieurs comme en 1987. Les séjours en prison aussi. La centrale syndicale réunissait alors 300 000 adhérents en 1992.

Fortune
Fin négociateur, il fait partie de l’équipe qui avait pour charge de trouver une issue pacifique à l’apartheid. Quand l’icône Mandela accède au trône, Cyril Ramaphosa est Chef du Parlement, mais aussi un dauphin pour lequel Mandela n’a jamais caché son admiration. Mais lorsque Mandela décide de ne pas se représenter en 1999, le choix de l’ANC ira à Thabo M’beki. Son père Govan M’beki, fut en effet membre de l’African National Congress (ANC) et président du sénat. Mais concernant la politique, il ne l’a jamais quittée comme l’atteste cette boutade qui révèle son sens de la formule : « Avant je faisais le business de la politique, maintenant je fais la politique du business. Mais mon objectif reste le même : améliorer le sort des Noirs  ». En attendant, c’est surtout son sort qu’il a amélioré. En 2013, sa fortune est estimée à 600 millions de dollars, soit la deuxième du pays et la huitième du continent. Le Black Economic Empowerment (BEE) avait alors été mis en œuvre pour permettre aux Noirs qui représentent trois quarts de la population de prospérer sur le plan économique. En 2012, il renoue avec le « business de la politique » en tant que vice-président. Mais depuis longtemps, le président Jacob Zuma est d’une impopularité abyssale et le parti au pouvoir pâtit de ses frasques. Lors des dernières élections municipales, il a perdu des grandes villes comme Johannesbourg, Pretoria, Le Cap, etc.

Conscient que l’étiquette du « parti de libération » pourrait ne pas faire recette lors des élections de 2019, l’ANC va précipiter la chute de Zuma. Cyril Ramaphosa qui lui a depuis succédé, promet de combattre la corruption. Reste à savoir, si le peuple sud-africain échaudé par les frasques de Zuma, va de nouveau faire confiance au parti de Nelson Mandela. Le rôle de Cyril Ramaphosa sera justement de traduire ses promesses en actes concrets. Continuer de revendiquer son ascendance modeste pourrait ne plus suffire. Zuma s’était aussi prévalu de cette ascendance. On verra la suite…

Soumana Loura
Refletafrique.net

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