RDC : Promulgation du nouveau code minier contre le gré des multinationales

Le président Joseph Kabila a promulgué le nouveau code minier du pays. Ce nouveau code minier devrait permettre d’augmenter la contribution des ressources minières dans les recettes de l’Etat. Ainsi, la taxe sur le cobalt est multipliée par cinq.

Le taux de la redevance sur le cobalt, dont la République Démocratique du Congo a fourni les 2/3 de la demande mondiale en 2017, va passer de 2 à 10% si un décret du Premier ministre classe ce minerai parmi les « substances stratégiques  » du pays. Ce minerai rare est indispensable aux batteries de la nouvelle génération des voitures électriques et est exploité par des multinationales étrangères.

Juste avant la promulgation du texte, le prix du cobalt a battu un nouveau record à la bourse des métaux de Londres ce vendredi, s’élevant à 84.000 dollars la tonne.

«  Une valeur d’environ 10 milliards de dollars de cuivre et de cobalt est exportée chaque année de la RDC et un effort sans précédent de lobbying est attendu de la part du secteur minier pour tenter de faire changer d’avis le président Kabila », avait prédit le courtier britannique Darton commoditiers dans son rapport annuel en février.

Cette bataille de lobbying, a connu son point culminant jeudi, quand le président Kabila a reçu pendant plusieurs heures sept entreprises minières, parmi lesquelles Glencore, Rangold et Ivanhoé.

Outre la taxe sur le cobalt, ces entreprises qui exploitent les richesses du sous-sol congolais sous le régime très libéral du code de 2002, redoutent d’autres nouvelles dispositions, notamment une taxe sur les superprofits et la fin d’une clause de stabilité des contrats de dix ans.

Au terme de cette campagne de lobbying, les miniers n’ont pas obtenu le réexamen du texte qu’ils souhaitaient, mais juste un « dialogue constructif avec le gouvernement autour des mesures d’application de la présente loi », selon un communiqué présidentiel.

Face aux lobbies, le président Kabila a reçu le soutien sans faille d’un des hommes forts du régime, le patron de la société minière publique Générale des carrières et des mines (Gécamines), Albert Yuma.

Des miniers avaient espéré en vain que le ministre des Mines, Martin Kwabelulu, obtienne une nouvelle lecture du code au Parlement.

Le nouveau code doit « rapporter à l’Etat des recettes substantielles pour son développement économique et social  », proclame le communiqué de la présidence.

Valentin Youmanli MANO
Refletafrique.net

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