8 Mars au Burkina : Enfin le réveil ?

Le Burkina a célébré la journée internationale de la femme, le jeudi dernier 8 mars 2018. Sous le thème « La participation de la femme à la gouvernance : Etat des lieux, défis et perspectives  ». Cette 161ème journée internationale de la femme a eu une commémoration particulière au Burkina.

En effet, la parade qui était un exercice favori des femmes Burkinabè à chaque 8 mars, a été supprimée cette année. A ce propos, la ministre de la femme Laurence Ilboudo /Marshal a expliqué : « c’est pour des raisons budgétaires, afin de minimiser les coûts que la parade habituelle a été supprimée  ».

Il était temps !
Les femmes semblaient n’avoir pas compris le sens de la journée internationale de la femme. Les femmes ont pris l’habitude de fêter 8 mars à leur façon sans savoir l’origine et la portée de cette commémoration.

Le 8 mars tire ses origines des luttes ouvrières et des nombreuses manifestations de femmes réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail et l’égalité entre les hommes et les femmes, qui agitèrent le monde occidental au début du XXe siècle.

La réalité dans nos pays est que plusieurs femmes plutôt que de penser aux actions, qui puissent contribuer à leur développement socio-économique, voient en cette journée une occasion pour fréquenter de manière exagérée les débits de boisson.

Pendant plusieurs années, la célébration du 8 mars au Burkina est des plus paradoxales !

Les femmes au lieu d’élaborer des projets d’entrée de fonds, vont économiser toute l’année pour tout dilapider en un seul jour du 8 mars.

Pour une journée dont l’objectif est d’améliorer les conditions de vie des femmes et leurs autonomisations ; les femmes en ont fait un facteur favori de troubles et disputes dans leurs foyers.

Que dire quand pour juste une journée, les femmes font la fête au point d’oublier leurs engagements.

Pour cette année, le ministère Burkinabè en charge de la femme semble s’être réveillé de son long sommeil !

Marie Laurence ILBOUDO/MARSHAL et ses femmes ont voulu mettre plus l’accent sur le dialogue et la réflexion à travers les grandes questions relatives au développement, et au bien-être de la femme. C’est pourquoi, en prélude de cette commémoration, le forum national des femmes a été organisé afin de permettre aux femmes de recenser les différentes difficultés qu’elles rencontrent et les porter au président du Faso.

Ainsi, A l’issue du forum, les femmes ont présenté des recommandations dans divers secteurs. Le renforcement de la gratuité de soins au profit des femmes enceintes et aux enfants, l’autonomisation financière de la gente féminine, l’application de la loi sur le quota genre de 30%, des technologies dans la transformation des produits locaux.

Pour ce 8 mars 2018, les représentantes des 13 régions ont chacune égrainé les difficultés rencontrées dans sa localité devant le Président Roch Marc Christian Kaboré.

Même si toute les femmes Burkinabè n’ont pas encore compris qu’elles ont plus à gagner dans la réflexion et les échanges, force est de reconnaitre qu’une grande partie des responsables d’associations et de structures régionales aspirent à de plus grandes réalisations.

Pour que nos autorités politiques accompagnent les femmes, il faut que celles-ci fassent le premier pas en faisant ressentir leurs besoins d’aide et de soutien.
Comme le dit un adage de chez nous « lorsqu’on te lave le dos, tu dois faire l’effort de te laver le visage ».

Bénédicte ZONGO/SANKARA
Refletafrique.net

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