Zimbabwe : Mugabe crie à la « honte à effacer »

L’ex-président du Zimbabwe Robert Mugabe est sorti de son silence hier jeudi pour déplorer avoir été la victime d’un "coup d’Etat" qu’il a qualifié de "honte à effacer". Dans ce tout premier entretien télévisé, diffusé par la chaîne publique sud-africaine SABC, M. Mugabe a laissé entendre que «  c’était un coup d’Etat, (même si) certains ont refusé de l’appeler un coup d’Etat  ».

Robert Mugabe s’est exprimé pour la première fois depuis sa démission en novembre. L’ex-président Zimbabwéen accuse son successeur d’avoir trahi toute la nation.

"C’était vraiment un renversement par l’armée. Il n’y a eu aucun mouvement visible jusqu’à ce que l’opération soit autorisée par l’armée", a expliqué jeudi Robert Mugabe, qui s’exprimait depuis sa résidence privée de la capitale zimbabwéenne, Harare.

En effet, après trente-sept ans d’un pouvoir sans partage à la tête du Zimbabwe, Robert Mugabe a été contraint de démissionner le 21 novembre dernier, lâché par l’armée, son parti au pouvoir, la Zanu-PF et la rue.

L’ancien chef de l’Etat a affirmé ne pas en vouloir à son ancien vice-président Emersson Mnangegwa, qui lui a succédé. "Je n’ai pas de haine pour Emmerson (...) je ne veux pas travailler avec lui mais il doit être convenable. Il n’est pas convenable à sa place, il n’est pas légal", a-t-il poursuivi.

Tout au long de son règne, Robert Mugabe a essuyé les critiques des ONG de défense des droits de l’homme et de son opposition, qui l’ont accusé d’avoir systématiquement triché lors des élections pour pouvoir se maintenir au pouvoir.
Jusqu’à cette première sortie médiatique, M. Mugabe était resté extrêmement discret, reclus dans sa résidence.

Cependant, sa première sortie la semaine dernière a fait grand bruit car son apparition sur une photo aux côtés de l’ex-général Ambrose Mutinhiri, candidat déclaré à la présidentielle prévue plus tard cette année, a même nourri les plus folles rumeurs sur son éventuel retour en politique.

L’entretien de M. Mugabe intervient à quelques mois des élections générales, annoncées par M. Mnangagwa avant juillet.

A en croire l’analyste Gideon Chitanga, du centre de réflexion Political Economy Southern Africa de Johannesburg. "Cette sortie de Mugabe est parfaitement calculée", "Elle va continuer à saper la légitimité du gouvernement Mnangagwa" a-t-il déclaré.

Bénédicte ZONGO/SANKARA
Refletafrique.net

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