Canada : Déploiement des casques bleus au Mali

Le Canada a officiellement "notifié" ce vendredi 16 mars 2018 aux Nations unies son "intérêt" à participer à la mission de maintien de la paix au Mali. Selon une source gouvernementale, il enverra des troupes et des hélicoptères dans ce pays d’ici l’automne.

L’engagement du Canada au Mali sera "temporaire", avec l’intention d’être relevé au bout d’un an. Il constituera la mise en œuvre de la stratégie annoncée l’automne dernier par le Premier ministre Justin Trudeau à Vancouver.

Une source, anonyme a annoncé que les détails sur les effectifs envoyés par le Canada seront fournis lundi par le ministre de la Défense Harjit Sajjan.

Le Canada a fait part en novembre de son intention de renforcer son soutien aux missions de maintien de la paix en mobilisant 200 soldats. Il a favorisé ainsi la présence féminine au sein des Casques bleus ainsi qu’en fournissant du matériel et de l’entraînement militaire.

Le Premier ministre Trudeau s’est entretenu vendredi du sujet avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et avec le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, dont les armées participent à la force de l’ONU de maintien de la paix au Mali, la Minusma, créée en 2013.

"D’autres alliés" seront consultés "dans les jours à venir", selon le responsable canadien.

Le déploiement au Mali sera la première mission de paix des Forces armées canadiennes en Afrique depuis celle qui avait avorté au moment du génocide au Rwanda en 1994.

Le responsable canadien, soulignant que « tout le monde a intérêt à participer à renforcer la sécurité dans le Sahel », a expliqué que « le Mali est un endroit important où l’on collabore depuis longtemps ».

L’armée canadienne enverra des soldats, des policiers et des hélicoptères sous commandement de la Minusma "autour de l’été ou de l’automne", selon le responsable. Elle agira dans un rôle "de soutien logistique et d’assistance".

Le retour des Casques bleus en Afrique répond à un engagement de campagne de Justin Trudeau qui s’était fait élire en octobre 2015.Il avait la promesse notamment de réengager le Canada dans les missions de paix des Nations Unies.

Depuis, régulièrement interpellé au Parlement, le gouvernement canadien retardait sa décision de déployer des troupes. Le pays était aussi sous pression de plusieurs de ses alliés, dont la France, engagée militairement au Sahel et qui espérait qu’il décide de participer à des opérations de maintien de la paix, notamment au Mali.

En novembre, Justin Trudeau a promis la mise en place d’une "force de réaction rapide", mais ne représentant que le tiers des 600 militaires qu’il s’était engagé à déployer sur les théâtres de guerre dans le monde peu de temps après son arrivée au pouvoir.

Il avait néanmoins réitéré son intention d’atteindre cet objectif à terme à travers une série "d’engagements conjoints" dans plusieurs pays.

Le Canada ambitionne un siège au Conseil de sécurité de l’ONU en 2021.

Alice Suglimanie THIOMBIANO
Refletafrique.net

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