François COMPAORE refuse l’extradition, la France ne dit rien

Le principe de la réconciliation nationale au Burkina implique un certain nombre d’engagements dont l’exécution incombe aux autorités du moment pour répondre aux exigences des insurgés. Parmi ces engagements figurent bien le dossier François COMPAORE portant sur la disparition en 1998 du très célèbre journaliste d’investigation feu Norbert ZONGO alias Henri SEDOGO.

Le jugement du dossier Norbert ZONGO est devenu pour l’heure, complexe en raison de l’absence de l’accusé qui trouve refuge en France. C’est ainsi donc que se détournant des procédures trainées depuis 1998, l’extradition est maintenant le challenge qui semble offusquer les performances des acteurs du pouvoir actuels. Cette extradition a pris des dimensions purement politique et défraient la chroniqued’où la nécessité de s’y attarder.L’inactivité diplomatique et implicite de la France dans ce dossier est pour l’heure l’indice basique de la grogne de l’opinion publique au Burkina.Et pour ce faire, le dernier résultat du report depuis le mois de Mars vient entériner les doutes.

Le théâtre du dossier d’extradition de François COMPAORE, frère cadet du déchu président Blaise COMPAORE, connaît une nouvelle séquence dès plus rageante pour le Burkina.

L’historique de ce dossier est bien complexe à comprendre au vue du jeu de cirque entre la justice du Burkina et celle française. Cela fait un peu plus d’un an que la demande d’extradition a été adressée à la France qui, par voix officielle avait affirmé l’activation du mécanisme de retour au bercail de son hôte accusé.

Des mois sont donc passés et voilà que le dossier n’a guère évolué. Une pression politique couvre ce dossier et empêche le retour de ce monsieur dont le jugement va au-delà de la disparition du journaliste Norbert ZONGO.

On se souvient qu’en Mars 2017, «  lors de sa comparution devant la cours d’appel de Paris, l’accusé avaitdéclaré ne pas vouloir être jugé au Burkina  », selon la déclaration du ministère de la justice burkinabé sur la question. En plus de cela, la France avait prétendu craindre l’issue de ce procès si toutefois l’accusé est déclaré coupable car, la sentence pouvant aller jusqu’à la condamnation à mort.
Et-bien, la peine de mort a été abolie ce 31 Mai 2018 au Burkina Faso, mais voici que le délibéré est encore reporté au 03 Octobre prochain. Il est maintenant claire que ce n’est ni une question de procédure, encore moins unecarencejuridique du dossier qui ralenti la procédure. La main forte qui tire dans les coulisses les ficelles de ce dossier, vient de donner ses arguments pour justifier un telreport.

Selon les avocats de l’accusé, le Burkina manque de preuves matérielles, de pièces complémentaires pour compléter le dossier d’accusation. Ces affirmations péremptoires non aucun fondement juridique quand on sait que depuis le début de la procédure, les avocats de l’accusé n’ont pas comparu devant la justice française pour prendre connaissance des fonds du dossier. Alors comment qualifier un dossier de vide sans s’être présenté devant le juge d’instruction ?Il faut à cet instant donc, comprendre que le problème n’est plus d’ordre juridique mais plutôt politique. Est-ce un manque de volonté politique de nos autorités ? La réponse à cette question est évidente.

Les autorités pour cette fois ont joué la carte règlementaire, aboli la peine de mort et répondu aux différentes requêtes de la cours d’appel de Paris. En principe rien ne devrait désormais, empêcher à présent le retour en classe affaire de M. François COMPAORE dans son Burkina Natal. Mais voici encore un report qui vaut halte et réflexion pour nous, hommes de plume. Qui empêche le retour de François COMPAORE ?

Pourquoi la diplomatie française ne facilite pas ce retour comme promis aux insurgés par son président Emmanuel MACRON dernièrement vedette à l’Université Joseph Ki ZEERBO de Ouagadougou ? Ce spectacle est à la fois désolant et honteux. L’opinion y voit une implication claire de la France qui continu d’influer sur la politique interne de notre pays.

Notre souveraineté n’a jamais battu de l’aile ; puisqu’elle n’a malheureusement jamais existé. M. Blaise COMPAORE a certes été chassé du pouvoir au Burkina, mais il semble être à ce jour un grand décideur pour notre pays. Si la justice Burkinabé est libre et notre gouvernement souverain, qu’ils s’imposent et réclament purement et simplement l’extradition de François COMPAORE. Ainsi, une fois le jugement fait et la vérité dite sur ce dossier ; alors les morts et les vieux démons reposeront en paix à jamais et le Burkina Faso renaîtra pour de vrai.

Jean-Bosco Richmond BOSSOU
Refletafrique.net

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