Affaire Benalla : ce proche de Macron a-t-il interféré avec le GSPR ?


Le Groupe de sécurité du président de la République, court-circuité par un personnage sulfureux ? Adjoint au chef de cabinet du président de la République, Alexandre Benalla, actuellement dans l’œil du cyclone pour sa bavure lors du défilé du 1er-Mai, et pour son rôle obscur à l’Elysée, semble s’être mêlé de la sécurité d’Emmanuel Macron depuis son élection. Une prérogative des hommes du GSPR.

Depuis l’ascension d’Emmanuel Macron, Alexandre Benalla était adjoint au chef de cabinet du président. Mais son rôle exact à l’Elysée reste flou. Pas plus tard que le 16 juillet dernier, deux mois après sa bavure à la fête du Travail, il était encore photographié dans le bus de l’équipe de France, de retour de Russie, juste devant Didier Deschamps. Certains ont évoqué un rôle prépondérant dans la sécurité du chef de l’Etat. Un rôle, une proximité, perceptibles lors de certains déplacements.

« Sa proximité avec le président n’était pas forcément liée non plus à sécurité, précise Alain Le Caro, qui a fondé le GSPR en 1982 sous Mitterrand. Elle pouvait être liée au rôle qu’il jouait officiellement au sein de l’Elysée, adjoint au chef de cabinet, sans pour autant entrer dans le champ d’intervention du GSPR. Et j’ose espérer qu’il en était ainsi. Car ce serait une faute grave, à mon avis, que de laisser plusieurs origines différentes de sécurité autour d’un même président.  »

S’occuper de la sécurité du chef de l’Etat, « ça n’a rien à voir »

C’est au service d’ordre du PS que M. Benalla s’est formé aux métiers de la sécurité. Outre Montebourg et Aubry, il a notamment fait partie du service d’ordre du candidat Hollande en 2012. Sauf que protéger un candidat, ce n’est pas protéger un président. C’est l’avis du fondateur du GSPR. «  Ce n’est pas là qu’on apprend la sécurité présidentielle. On fait du service d’ordre, mais on ne fait pas de sécurité présidentielle  », considère Alain Le Caro, interrogé par RFI.

S’occuper de la sécurité du chef de l’Etat, «  ça n’a rien à voir, c’est quelque chose de plus profond  », estime l’auteur de Les mousquetaires du président. «  Ce sont des techniques qui s’apprennent, on met des années pour cela et il y a, au sein du service, différentes spécialités, différentes spécialisations, qui permettent d’assurer une sécurité totale et qui nécessitent pour celui qui la commande, d’être investi de toutes ces connaissances. Ce que n’a pas M. Benalla, a priori. »

Aux yeux d’Alain Le Caro, le GSPR est l’unité chargée de protéger Emmanuel Macron, point. Toute interférence est potentiellement dangereuse. «  Ça ne peut pas fonctionner. Ça ne peut pas fonctionner sur le plan de la sécurité, au niveau de l’efficacité. Si on a plusieurs responsables et si on a plusieurs services qui se superposent, en cas d’intervention, c’est contreproductif. Ça peut même attirer des incidents », estime l’ancien commandant de la sécurité de François Mitterrand.

Le préfet assume le port d’arme, parce que l’Elysée l’a demandé

Lors de son audition, lundi, le préfet de police Delpuech a dit avoir croisé M. Benalla lors de plusieurs déplacements présidentiels. Comme au Salon de l’agriculture. Il déclare lui avoir remis une autorisation de port d’arme en octobre 2017, à la demande de l’Elysée, pour ses « fonctions liées à la sécurité » : « Dès lors que l’Elysée avait relayé auprès de moi cette demande, sans faire pression, en me laissant le soin d’apprécier et d’apprécier seul, j’assume cette responsabilité. »

Lors de la campagne 2017, en marge d’une visite à l’usine Whirl­pool d’Amiens, Emmanuel Macron avait exprimé son besoin de ne pas se sentir prisonnier d’un système de sécurité trop lourd : « Les mecs de la sécu­rité, ce n’est pas eux qu’il faut écou­ter (…) Il faut prendre des risques, aller au cœur de la bête à chaque fois. Parce que si vous écou­tez les mecs de la sécu­rité, vous finis­sez comme François Hollande. Peut-être que vous êtes en sécu­rité, mais vous êtes morts.  »

Avec RFI

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