Interdiction du jeu de pétanque au général Djibril Bassolé : Une main invisible sous couvert de la justice

Dans sa parution en date du 23 juillet 2018, le journal Le Pays, dans sa rubrique « Confidences du week-end », a fait cas de l’interdiction du jeu de pétanque au général Djibril Bassolé, au motif que « la justice militaire ne serait pas au courant d’une telle discipline que doit pratiquer le général  ». Ce motif est-il suffisant pour légitimer cette décision ?

Etant donné que nous sommes devant un organe judiciaire, nous pouvons aisément répondre par la négative. Car, nous estimons que toute décision sérieuse devant la justice doit être prise sur la base de dispositions légales claires, sans quoi elle tombe dans le périmètre de l’abus de pouvoir.

Et aussi que ce grand principe, qui est la base même du droit pénal dit : «  Tout ce qui n’est pas interdit est autorisé, et non pas l’inverse  ». Entendons par là que la loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la société, alors ce qui n’est pas défendu par la loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ou à ne pas faire ce qu’elle veut si la loi ne le dispose pas.
Ainsi, la question logique qui mérite d’être posée est la suivante : Quelle est la base légale de la décision ?

Vu que l’auteur de la décision n’a pris le soin de le dire et vu que nous ne sommes auteur de la mesure et ne sommes pas aussi dans les bois sacrés, vous conviendriez avec moi que toute réponse à cette question serait abusive.
Il est cependant nécessaire pour nous de rappeler à l’opinion nationale et internationale que la pratique des activités sportives est belle et bien un droit pour les détenus au Burkina Faso.

Pour preuve, nous faisons référence à l’article 163 de la loi N°010-2017/AN portant régime pénitentiaire au Burkina Faso qui dispose en ces termes : «  Tout détenu a le droit d’effectuer des activités socio-culturelles et sportives. Cependant, ces activités sont organisées dans chaque établissement pénitentiaire dans la mesure où les contraintes de la sécurité le permettent ».

De cette disposition légale, l’on doit comprendre que le détenu a droit aux activités socio-culturelles et sportives sans bien évidemment aucune restriction avec la condition que les mesures de sécurité soient réunies. Chose normale !
Ici, la condition qui semble être une restriction ne saurait en réalité car il revient à l’autorité de veiller à son existence. En principe, ma foi, aucun droit ne peut et/ou doit être restreint pour satisfaire une insuffisance de l’autorité et /ou un individu.

Dans le cas du général Bassolé, nous tenons avant tout à rappeler qu’il ne s’agit pas d’une détention mais une mesure de restriction de liberté de mouvement. Partant, sont normalement sous le coup du contrôle de la justice les actions liées à ses mouvements hors le cadre qui lui est réservé, qu’à cela ne tienne, si l’on prend en considération la condition indiquée par la loi, notamment les conditions sécuritaires, nous constatons, jusqu’à preuve du contraire, que les conditions sécuritaires sont suffisamment réunies (nombre considérable de FDS, activité pratiquée depuis plusieurs mois sans incident…)

Partant, pourquoi une telle décision de la part de la justice militaire ?
La seule et logique réponse qui s’impose est le fait que des individus règlent leurs comptes au général, sous le couvert de la justice militaire. Ainsi, nous allions cette interdiction de jeu à la longue liste de violations des droits du général Bassolé et ajoutant cet acte compte du caractère politique de sa détention.

Notons, en marge, que ce jeu faisait office de sport pour le général. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il a des problèmes de santé qui commandent la pratique du sport. Grâce à ce jeu, il marchait beaucoup donc cela lui faisait énormément de bien.
Nous attirons l’attention de tous les dignes fils de ce pays, qui connaissent l’importance des actes posés devant la justice, des organisations de droit existantes et qui vivent encore pour cette cause d’ouvrir l’œil sur ce cas car comme nous avons habitude de le dire, une injustice faite à un est une menace pour tous.

À la justice militaire, je dirai ceci : «  Montrer son pouvoir réside dans la capacité pour nous de traiter avec équité et justice nos adversaires ou ennemis, c’est là la grandeur du pouvoir  ». Soyez détenteur de votre pouvoir, bien sur celui que la loi vous a conférer.

Au général Djibril Bassolé je partagerai la pensée de l’artiste - écrivain George Sand qui nous dit ceci : «  Dieu, qui voit nos larmes à notre insu, et qui, dans son immuable sérénité, nous semble n’en pas tenir compte, a mis lui-même en nous cette faculté de souffrir pour nous enseigner à ne pas vouloir faire souffrir les autres ». Car nous croyons fermement que vous devez fortement, comme tous les dignes filles et fils de cette nation, contribuer à l’édification de ce Burkina Faso.
À tous les Burkinabè retenons que « la haine entre parents est semblable à la piqure de la vipère, la plaie est incurable  ». Nous devons donc éviter au maximum les actes d’injustice et de frustration.
Puisse Dieu protéger le Burkina Faso !!

Lassina KO
Lassinakowelfare@gmail.com
73 73 08 16

Dans la même rubrique

Vie de couple : Les 3 secrets d’un mariage heureux, 50 ans de bonheur, et ce n’est pas fini !

Est-ce qu’on peut vraiment rester un couple heureux pendant 50 ans ? Est-ce réellement possible dans un monde où les voitures, les iPads et les téléphones sont réactualisés tous les ans, dans un monde (...)

OPINION : Manque de Professionnalisme ou Une Haine Avérée Contre Le P-DG de KANIS ?

En parcourant les différents journaux d’investigation ces derniers temps, je me rends vraiment compte qu’en dehors de quelques uns, nous n’avons plus des journalistes d’investigation digne de ce nom (...)

Burkina Faso : Un deuxième syndicat voit le jour dans la famille policière

Alliance de la Police Nationale, (APN), c’est le nom du nouveau syndicat » de la police. Ce jour 30 octobre 2018, au centre de presse Norbert Zongo, les membres du bureau exécutif de ce nouveau (...)

4e anniversaire de l’insurrection populaire au Burkina : Que retenir des 30,31 octobre ?

Ces 30, et 31 octobre marquent le 4e anniversaire, de l’insurrection populaire de 2014. Voici 4ans qu’un soulèvement populaire venait à bout d’un régime solidement installé depuis 1987. Après des (...)

Commentez