Vote des burkinabè de l’étranger : Des milliers de compatriotes exclus ?

« Nos compatriotes vivant à l’extérieur vont voter en 2020, ce n’est pas une question discutable encore » cette phrase c’est le chef de l’état qui l’avait prononcé lors du forum de la diaspora tenu en début du mois. Roch marc Christian Kabore tient toujours mordicus à sa promesse de campagne malgré les difficultés multiples concernant ce dossier.

Depuis plus de 15 ans maintenant que les burkinabés de la diaspora lutte pour avoir le droit de vote sans succès. En 2015 on était si proche mais pour des questions techniques et financières ce grand rendez avec l’histoire n’a pas eu lieu. Pour certains observateurs de la scène politique burkinabè le contexte post insurrectionnel dans lequel nous étions n’était pas favorable pour un premier coup d’essai de ce genre.

« La cote d’ivoire le bastion qui fait craindre  »
Il est connu de tous que plus de 4 millions de burkinabè vivent en côte d’ivoire dont la moitié est en âge de voter. En effet un recensement exhaustif pourrait comptabiliser deux millions d’électeurs potentiels, environs le même nombre de personnes ayant votés en 2015 ici au Burkina Faso. En termes clair le vote des burkinabè de l’extérieur pourrait influencer fortement le choix de leur concitoyen vivant sur le sol burkinabè et par ricochet le résultat final. Face à cette réalité le politique avant d’envisager une telle mesure pèse le pour et le contre en termes de faveur car ne dit ton pas qu’en Afrique on n’organise pas des élections pour perdre ?

Le code électoral qui est l’instrument juridique par excellence et qui régule les élections est en plein débat à l’assemblée nationale avant d’être adopté. Cependant, dans la proposition du gouvernement, il ressort que les seuls documents pouvant permettre aux électeurs de s’enrôler est la carte nationale d’identité burkinabè et le passeport.

A ce stade du dossier il y’a déjà débat car si pour ceux qui vivent en occident et dans certains pays éloigné l’on peut se dire que le passeport est un acquis, ceux qui vivent dans les pays africains surtout les pays de la sous-région n’en disposent pas .C’est surtout la carte consulaire qui est le document d’identité qui est le plus détenu par nos compatriotes.

Les burkinabés qui veulent prendre part à cette élection de 2020 et ne disposant de ces précieux documents, devront donc se faire délivré des CNIB ou des passeport.
Ainsi se dessine la principale difficulté de ces milliers de burkinabè né en côte d’ivoire, au mali, au Ghana, au Sénégal et dans bien d’autre pays mais n’ayant pas des documents demandés.
Par ailleurs, la problématique sur « les lieux de vote  » pour les Burkinabè de l’extérieur constitue la zone de chocs et de grincements de dents entre le gouvernement et l’opposition.

En effet, le code en cours d’adoption stipule que les votes des Burkinabès de l’étranger ne se feront que dans les ambassades et consulats. L’exemple de la côte d’ivoire serait très illustrtif ; en ce sens que les deux consulats c’est-à-dire Bouaké et Soubré plus l’ambassade à Abidjan seront donc les seuls bureaux de vote pour la forte communauté burkinabè vivant dans le pays d’Alassane Dramane Ouattara.
« Quand on considère la forte présence des burkinabés dans la ville d’Abidjan il est évident que l’ambassade à elle seule ne peut recevoir tous ces milliers de personnes.

« La multitude de Burkinabè, ces braves paysans burkinabés travaillant nuit et jours dans le sud-ouest et dans les forêts doivent-ils se déplacer a des milliers de kilomètres pour venir exprimer leur devoir civique ? » s’interrogeait un député de l’opposition sur le plateau d’un débat télévisé. Et oui !!! La question mérite d’être posé et d’être reposé plusieurs fois car plusieurs insuffisances dans cette loi ne favorisant pas une certaine représentativité de ces personnes-là qui loin de la patrie certes mais contribuent au développement socio-économique du pays.

Faut-il juste dire que les Burkinabès de l’extérieur vont voter sans prendre en compte tous les aspects et se contenter de dire qu’on a organisé des élections quand on sait que cela va couter des milliards ?

En attendant que le nouveau code électoral soit voté avec les dispositions permettant aux burkinabè vivants à l’extérieur de voter, espérons que les acteurs politiques jouent leur rôle sur le terrain à travers la sensibilisation à l’électorat au vote et surtout à l’établissement à temps des pièces nécessaires pour le dit vote.

C’est à eux de faire le grand travail de mobilisation au lieu de souvent rester sur des considérations quelques peu inconséquents. Notre pays revient de loin et est considéré de nos jours comme un exemple en matière de démocratie et d’organisation réussi d’élections. Faisons en sorte alors que cet épisode ne remette pas en cause ces acquis.

Ibrahim DIANDA
refletafrique.net

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