Catastrophe à Gênes : des funérailles nationales controversées

En Italie, à Gênes, les secours s’affairent toujours dans les décombres du pont Morandi pour tenter de retrouver les cinq personnes encore portées disparues. Toute la classe politique italienne est sur place ce samedi 18 août pour des funérailles nationales. Le président de la République, Sergio Mattarella, sera notamment présent pour rendre hommage aux 38 personnes qui ont perdu la vie, mais aussi aux blessés. Une cérémonie controversée, à laquelle certaines familles ont refusé de participer.

Seules 18 familles seront présentes. Les obsèques de plusieurs victimes ont déjà été célébrées dans leurs villes d’origine. Certaines familles ont exprimé leur colère. Elles refusent de servir de faire-valoir aux représentants d’un Etat qu’elles jugent responsable. On attendait néanmoins beaucoup de monde au palais de l’exposition, le Palazzo Ducale, ce samedi.

Les Génois sont encore sous le choc. Le pont Morandi était devenu indissociable de l’iconographie de la ville. Une ville blessée, coupée en deux, qui s’attend à de gros problèmes de déplacements quand les gens vont rentrer de vacances. Beaucoup de magasins, de lieux publics, seront fermés pendant la cérémonie, et les activités portuaires suspendues. Un match de foot entre les équipes de Gênes a été reporté.

Les débuts de l’enquête

L’enquête sur l’effondrement du pont Morandi n’en est qu’à ses débuts. Les débris ont été placés sous séquestre. On sait qu’une piste était évoquée : celle de la rupture des tirants du viaduc sans doute défectueux.

Le gouvernement a d’ores et déjà enclenché le retrait de l’exploitation de ce tronçon d’autoroutes à la société Autostrade per l’Italia. Les autorités avaient-elles été alertées par d’éventuels risques ? L’enquête devra également éclaircir ce point-là, qui fait débat en Italie.

La polémique est aussi politique au sein de la majorité sur les grands travaux. L’opposition demande quant à elle une enquête parlementaire. Ton également tendu entre Bruxelles et Rome, qui dénonce le fonctionnement de l’Union européenne.

Alors certes, le gouvernement agit. Il a annoncé de nombreuses mesures pour accélérer le retour à la normale, mais il fait feu de tout bois sur un ton souvent agressif, alors que l’ambiance, on l’a compris, est loin d’être sereine. Ce qui ajoute encore à la tristesse et à l’amertume de certains des habitants de la ville.

RFI

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