Sommet du SADC : "On demande aux Africains ce qu’on ne demande pas aux autres", pour le président namibien

Le président namibien Hage Geingob, dont le pays accueille un sommet régional de l’Afrique australe, a rejeté samedi les critiques sur le manque d’alternance démocratique sur le continent, estimant qu’"on demande aux Africains ce qu’on ne demande pas aux autres".

Dans une interview à la radio française RFI, il a aussi démenti toute implication dans le rachat controversé de la compagnie minière canadienne Uramin en 2007 par l’ancien fleuron du nucléaire français Areva. Il s’est refusé à tout témoignage éventuel devant une juridiction française alors que la justice française a ouvert une enquête sur l’affaire.

Interrogé sur l’altenance politique en Afrique où des dirigeants s’accrochent au pouvoir, il a estimé qu’on demandait plus aux Africains qu’à d’autres.

"Les gens ont une attitude envers l’Afrique... Ils veulent que les Africains fassent des choses qu’on ne demande pas aux autres", a-t-il dit alors que la Namibie accueille le sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC).

"Aux Etats-Unis, il n’y a que deux partis. Même philosophie. Comment se fait-il qu’il n’y a pas de communistes ou de socialistes la-bas", a-t-il ironisé.

"Nous, on s’est battu. 27 ans d’exil. Maintenant, ça fait juste trois ans que je suis au pouvoir. Et si la population continue de dire +oui+ Où est le problème ?", a-t-il lancé.

Il a évoqué sur le même ton les arrestations aux Comores autour du référendum boycotté par l’opposition.

"On verra comment le président (Azali Assoumani) voit les choses. Et ceux qui parmi nous ont connu des transitions ou des élections pacifiques pourront lui dire : +mon frère, peut-être que tu devrais faire comme ça et pas comme çi+. Pas pour faire plaisir à l’Occident. Mais pour faire plaisir à nos populations".

Le président namibien s’est aussi défendu sur le dossier Areva-Uramin.

"Des gens sont venus d’Afrique du Sud (...) Ils n’arrivaient pas à avoir le permis d’exploitation. (...) Ils ont eu leur permis, ils m’ont payé et je l’ai déclaré. Ca se limite à ça", a-t-il répondu précisant qu’il était alors consultant.

"Après, Areva a acheté les propriétés d’UraMin sur le marché boursier (...).Donc je n’ai jamais eu aucun rôle. Les gens qui disent : +J’ai aidé areva, j’ai été payé par Areva+. Ça, c’est faux", a-t-il encore ajouté .

"Si les compagnies françaises ont surévalué, en quoi ca me concerne ? Allez en France les chercher !", a-t-il réagi.

"Je ne témoignerai jamais devant une juridiction étrangère. J’ai des institutions ici. C’est aussi pour ca que je suis contre la CPI (Cour pénale internationale). Nous devons avoir nos propres institutions. Si j’ai commis un crime, il y a nos cours de justice", a-t-il conclu.

AFP

Dans la même rubrique

Elections en RDC : l’Union africaine demande "la suspension de la proclamation des résultats définitifs"

L’Union africaine (UA) a mis la pression sur la République démocratique du Congo en demandant jeudi soir la "suspension" de la proclamation des résultats électoraux définitifs ainsi que l’envoi d’une (...)

RDC : Les Etats-Unis se prononcent sur les résultats de la présidentielle

La commission électorale a publié les résultats de la présidentielle du 30 décembre2018. Ces résultats ont été remportés par Félix Tshisekedi. « Prenant note », les États-Unis exigent tout de même des (...)

RDC : l’opposant Félix Tshisekedi proclamé vainqueur de la présidentielle

Selon les résultats provisoires annoncés par la Commission électorale nationale indépendante (Céni) dans la nuit de mercredi à jeudi, l’opposant Félix Tshisekedi est arrivé en tête de l’élection (...)

Madagascar : La justice proclame les résultats contestés de la présidentielle

La Haute cour constitutionnelle malgache (HCC) doit proclamer mardi les résultats officiels de l’élection présidentielle du mois dernier, dont la victoire a été attribuée à Andry Rajoelina malgré les (...)

Commentez