Le président tunisien Béji Caïd Essebsi promet des élections pour 2019

Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a promis que les élections auraient lieu en décembre 2019. Il a fait cette annonce lors d’un entretien diffusé lundi à la télévision au cours duquel il a également annoncé la fin de l’alliance avec le parti d’inspiration islamiste Ennahdha.

Après des demandes de report des scrutins législatif et présidentiel prévus en 2019, qui risquent de redessiner la carte politique en Tunisie, le président a assuré : "Les élections se tiendront à temps (...) en décembre 2019".

Il a appelé à une modification de la Constitution, estimant que le partage de pouvoir entre le président et le Premier ministre n’était pas satisfaisant, tout en assurant qu’elle ne rentrerait en vigueur qu’au prochain mandat.

"Depuis la semaine dernière, nous avons décidé de nous séparer, à la demande de Ennahdha", a souligné M. Caïd Essebsi, qui s’exprimait alors que l’appareil étatique est paralysé depuis des mois par une lutte fratricide au sein de son parti.

Cette formation, Nidaa Tounès, qu’il a fondée en 2012 comme un front contre les islamistes, avait fini par faire alliance avec Ennahdha au lendemain des élections législatives de 2014. Elle est affaiblie par une lutte de pouvoir entre le Premier ministre Youssef Chahed et le fils du président, Hafedh Caïd Essebsi.

Des désaccords récents entre M. Caïd Essebsi, 92 ans, et Ennahdha ont porté sur le soutien que ce dernier apporte à M. Chahed, et sur un projet de loi soutenu par le président visant à instaurer une égalité entre hommes et femmes en matière d’héritage.

Ennahdha "veut poursuivre l’accord avec le gouvernement dirigé par Youssef Chahed… Les relations entre Beji Caïd Essebsi et Ennahdha sont coupées", a poursuivi le président.

Ennahdha, devenu le premier parti parlementaire, "a choisi un autre chemin, j’espère que ce sera un chemin réussi, mais je ne le pense pas", a-t-il ajouté.

"Personne n’est valable pour tous les temps et tous les lieux", a-t-il déclaré, évoquant un départ à la fois de M. Chahed et de son propre fils, sans prendre position pour l’un ou l’autre.

Le conflit politique actuel inquiète les observateurs, qui craignent qu’il entrave l’organisation des prochaines élections et les efforts urgents nécessaires pour faire face à une profonde crise sociale.

AFP

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