BURKINA Faso : A la découverte du Journaliste musicien Romain Wanré

Le métier d’artiste semble le plus facile mais dans la pratique émet d’énormes difficultés. En dépit de ces difficultés, certains en plus de leur profession de base, se lancent dans la musique. Nous avons rencontré le journaliste Adama Romain Wanré de la Radio oméga qui nous a parlé de sa passion pour la musique.

Refletafrique.net : Bonjour M. Wanré, pouvez-vous décliner votre identité à nos lecteurs ?

M. WANRE : Je suis Adama Romain Wanré, originaire du Ganzourgou de la commune de Medié village de Sambé qui veut dire chez les forgerons .Je suis journaliste-animateur à la radio Omega. Auparavant j’étais instituteur et ce depuis 2011. J’ai quitté ce travail que j’ai exercé pendant 4 ans du côté des écoles catholiques

Refletafrique.net : D’où est venue l’idée de chanter, puisque c’est curieux de voir un journaliste-artiste ?

M. WANRE : Je suis fils de griot (nous sommes des griots danseur de warba) de sa majesté Naaba Saaga de Nigré .Je suis né dans cette ambiance trouvé que mes parents, mes frères et sœurs pratiquent le travail de griot. Mon père était un danseur de warba de renom, mes frères l’exercent toujours. Notre troupe s’appelle la troupe Naaba kanga de Nédié, une troupe qui a un peu fait le tour du monde dans presque tous les festivals du Burkina Faso. C’est de là que vient ma passion et dès ma tendre enfance.
Quand je faisais la classe de CE1 au village, il y a des occasions au cours desquelles on donne l’opportunité aux enfants de s’exprimer et Quand je m’exprimais en danse ou que je chantais les gens trouvaient un talent déjà très remarquable. Mais mon père n’était pas de cet avis .
Pour lui l’école et la musique ne peuvent pas aller ensemble donc il me l’interdisait et je me cachais pour danser. C’est quand j’ai commencé à me prendre en charge et après mon succès à l’ENEP que j’ai commencé à exprimer mon talent
Mon premier enregistrement je l’ai fait au Ghana en 2010 c’était lors de mes vacances. Quand je suis revenu les gens m’ont dit de reprendre parce que celui m’a produit est un ghanéen et il ne connait pas grand-chose à la culture Burkinabè. J’ai alors accepté et j’ai repris avec des arrangeurs burkinabè pour donner la couleur du Burkina Faso, la couleur de ma tradition.

Refletafrique.net : Quelle est la tendance de votre musique ?parlons-en

M. WANRE : Ma musique est tradimoderne parce que quand tu écoutes, je chante d’une manière traditionnelle. Je fusionne deux types d’instruments modernes et traditionnels dans mes enregistrements et surtout dans mes concerts. J’utilise des instruments modernes tels la batterie, la guitare basse, la guitare solo, le piano et des instruments tels que tchema, djiba traditionnel, calebasse, bendré.

Refletafrique.net : Quel est le message véhiculé à travers votre musique ?

M. WANRE : Les thèmes que j’aborde sont d’abord d’ordre social et politique. Le social parce que tout bon artiste est inspiré par le vécu. Un de mes titres parle de la jalousie, soukiri en langue mooré parce que j’ai remarqué que quel qu’en soit le statut de quelqu’un il y a toujours des jaloux .Je trouve que c’est une maladie que les gens doivent soigner parce que c’est une perte d’énergie de passer son temps à jalouser autrui. Cette énergie pourrait très bien servir à servir à autres chose. Je parle de la motivation de l’encouragement, tout homme qui se bat dans la vie doit savoir qu’il va rencontrer obligatoirement des obstacles, ces obstacles doivent être des choses qui vont te permettre de corriger ce qui n’a pas marcher et aller de plus belle.
Je parle du pardon aussi parce que partout nous vivons des situations difficiles des guerres. C’est dû au fait que l’homme a oublié cette parole divine qu’est le pardon. Dans tous les livres c’est écrit, traditionnellement parlant le pardon est recommander.
Je parle également de la politique aussi parce que le peu d’histoire que j’ai vécu que ce soit en Côte d’Ivoire, en Tunisie, en Amérique, j’ai vu qu’à un certain moment ceux qui gouverne les pays n’écoutent pas leurs peuples. Il arrive un moment dans la vie où tout le monde s’accorde pour dire « ici là ça ne va pas il faut corriger » mais les gens s’entêtent et quand ils s’entêtent les résultats sont là. J’ai souvent dis que la jeunesse burkinabè a vu plusieurs situations et nous prévenons parce que tous ceux qui vont gouverner le Burkina dans les décennies à venir doivent savoir écouter et s’arrêter au moment opportun au risque de se faire humilier.

Refletafrique.net : Comment arrivez-vous à concilier journalisme et musique ?

M. WANRE : Je les concilie un peu difficilement ; il arrive de fois que j’ai des concerts et le boulot m’appelle donc je suis obligé d’honorer. Il arrive des fois où j’ai des difficultés parce que je dois honorer un concert et je dois honorer mon boulot de journaliste. Donc j’avoue souvent je suis obligé de laisser tomber mes concerts parce que je travaille sous contrats où je suis obligé d’honorer les choses c’est ça qui me tient d’abord sinon ce n’est souvent pas facile. Mais je fais les deux en attendant de voir comment les choses vont se décider dans le futur.

Refletafrique.net : Vous avez combien d’album sur le marché ?

M. WANRE : Il y a une prémaquette de 6 titres et le tout premier album sorti le 12 Août dernier qui comporte 8 titres. L’album de 8 titres est d’abord audio, je n’ai pas d’abord de clip officiel parce que je fais des vidéos de prestations, des concerts en live et en playback. Je rassemble les vidéos en attendant de faire le clip officiel .J’estime qu’il faut faire beaucoup de concert avoir des vidéos vivantes pour faire le clip officiel.

Refletafrique.net : S’il vous arrive de faire un choix entre la musique et le journalisme, quel sera l’heureux élu ?

M. WANRE : Le choix il est simple, moi je suis griot, le journalisme je l’ai appris mais l’art inné en moi. Je l’ai dans mon sang plus que le journalisme et là je suis honnête .ça veut dire que je choisirai la musique, je suis griot je suis musicien.

Refletafrique.net : Est-ce qu’il y a un autre album en cours ?

M. WANRE : Oui, je prends les choses d’une manière lente parce que mon album qui vient de sortir c’est depuis 2003 que j’ai fait l’enregistrement ; pour le prochain je le prépare déjà mais pas pour une sortie dans 2 ou 3 ans. Je vais prendre le temps de faire connaitre cet album d’abord parce que le défaut des artistes de nos jours, ils ne suivent pas l’évolution du monde parce qu’à tous les niveaux les gens n’ont pas le temps d’écouter les titres long. Si tu as un album de beaucoup de titres les gens n’ont pas le temps de parcourir tous les titres. Il faut faire peu.

Refletafrique.net : Les langues utilisées dans la musique ?

M. WANRE : Je parle le mooré qui est ma langue maternelle, l’anglais et le Français

Refletafrique.net : Parlons de la nudité des femmes dans les clips de certains artistes burkinabè .Qu’en dites-vous ?

M. WANRE : je suis d’avis avec ceux qui dise que cette manière de faire n’est pas bien parce que la musique a un rôle social. La musique, bonne, œuvre artistique est là pour d’abord contribuer au bien-être des hommes de la société ; dans ce sens la musique peut apporter des conseils des solutions. Elle doit motiver quelqu’un qui va en guerre, il doit essayer de remonter le moral de quelqu’un qui est en détresse.
Vous savez, la musique a un rôle très important mais pas la perversité. De nos jours le problème est que les gens confondent le showbiz à la musique .J’ai toujours dis aux gens que le showbiz est à part et la musique également à part. Si vous prenez les vrais artistes du Burkina, allez-voir Zougnazagmda, Issouf thiembré ce sont des gens qui ont des familles qui vivent correctement sans pour autant confondre la dépravation à la vie d’un artiste. Je connais des artistes du Burkina Faso quand ils arrivent dans leur famille ils laissent leur musique dehors. Certains artistes ont tendance à faire la promotion de la perversité, cela est une animation musicale mais ce sont des choses différentes ce n’est pas pour autant un bon artiste.
Un vrai artiste doit avoir une vie sociale correcte d’abord mais comme les gens sont allés copier la perversité et les mauvaises manières de faire dans les autres pays pour coller ça au Burkina c’est pourquoi les gens voient ça de cette façon. Le showbiz et la musique sont deux mondes à part, les artistes ont une vie sociale correcte.

Des voix se lèvent dans le showbiz pour dire qu’on paye des cachets très chers à des artistes internationaux en laissant les artistes nationaux. Quel est votre opinion sur la question ?

C’est un cri de cœur profond et c’est une question d’ignorance parce que si les autres artistes sont connus et aimé c’est parce qu’ils ont d’abord été consommé dans leur pays. Mettre en valeur ce que nous avons et savoir que si nous avons une culture c’est Dieu qui l’a voulu ; notre cultures est un don de Dieu que nous devons respecter et moi je dis que ceux qui n’ont pas de respect pour ce don sont laissés à la traine ; comme nous d’ailleurs parce que nous n’aimons pas ce que nous faisons.

Il faut que les gens quittent de leur ignorance.

Refletafrique.net : Un appel à lancer à l’endroit du public burkinabè

M. WANRE : Je vais demander aux mélomanes de faire confiance à la musique burkinabè .On a plusieurs fois répété ça à travers les médias .Quand tu pars dans les autres pays, les gens n’écoutent que leur production, la chose est scientifique et les gens ne se rendent pas compte. Les gens vont dire que les artistes burkinabè ne sont pas bons et ne font pas de belles productions. Je suis d’accord mais il ya une dimension que les gens n’arrivent pas à voir, c’est la dimension Psychologique de la musique sur le mentale des hommes. Je donne un exemple, prenez une musique que vous n’aimez pas du tout, écouter la plusieurs fois, demain vous vous rendrez compte que vous chantez la même chanson sans même l’avoir écouté.

Alice Souglimalie THIOMBIANO
Refletafrique.net

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